La Corée du Sud est aujourd’hui connue pour ses grandes villes, sa technologie, sa musique et ses séries. Mais derrière cette image très contemporaine se cache une histoire ancienne, marquée par de grands royaumes, des invasions, la colonisation japonaise, la guerre, la division du pays et une impressionnante transformation économique.
Voici 10 repères pour mieux comprendre le pays qui accueillera les JMJ 2027.
1. Dangun, le fondateur mythique de la Corée
Selon la tradition coréenne, le premier royaume coréen, Gojoseon, aurait été fondé par Dangun en 2333 av. J.-C. Cette histoire relève du mythe fondateur plutôt que d’un récit historique établi. Dangun reste néanmoins une figure importante de l’identité culturelle coréenne et est notamment célébré lors de la fête nationale Gaecheonjeol.
2. Des royaumes anciens à la dynastie Joseon
Pendant des siècles, la péninsule coréenne a été marquée par plusieurs royaumes et dynasties. La dynastie Joseon, fondée en 1392, va notamment profondément façonner la culture coréenne. C’est durant cette période qu’est créé le hangeul, l’alphabet coréen, sous le règne du roi Sejong au XVe siècle.
3. Les invasions japonaises et l’amiral Yi Sun-sin
Entre 1592 et 1598, la Corée est envahie à deux reprises par les armées japonaises de Toyotomi Hideyoshi. La résistance coréenne est notamment marquée par l’amiral Yi Sun-sin, considéré encore aujourd’hui comme l’un des grands héros de l’histoire nationale. Sa flotte utilise notamment les célèbres bateaux-tortues. La guerre laisse la péninsule profondément dévastée.
4. La Corée devient une colonie japonaise
En 1910, la Corée est officiellement annexée par l’Empire japonais. Durant les 35 années de domination coloniale, la population coréenne subit notamment des politiques d’assimilation et de répression culturelle.
5. Le mouvement du 1er mars 1919
Le 1er mars 1919, des manifestations en faveur de l’indépendance éclatent dans toute la Corée. Le mouvement, auquel participent notamment des étudiants, des intellectuels et des responsables religieux, est durement réprimé par les autorités japonaises. Il devient cependant un moment fondateur du mouvement indépendantiste coréen et est encore commémoré aujourd’hui sous le nom de Samiljeol.
6. 1945 : la fin de la colonisation… et la division
La défaite du Japon en 1945 met fin à la colonisation. Mais la péninsule est alors divisée autour du 38e parallèle : l’Union soviétique administre le Nord et les États-Unis le Sud. Deux États vont progressivement se constituer, dans un contexte de plus en plus marqué par la Guerre froide.
7. La guerre de Corée (1950–1953)
Le 25 juin 1950, la Corée du Nord envahit la Corée du Sud. Le conflit implique notamment les forces des Nations unies aux côtés du Sud et la Chine aux côtés du Nord. Après trois années de guerre, un armistice est signé le 27 juillet 1953, mais aucun traité de paix définitif n'est conclu. La péninsule reste donc divisée entre deux États.
8. D’un pays dévasté à une grande puissance économique
Après la guerre, la Corée du Sud est un pays très pauvre et largement détruit. En quelques décennies, elle connaît cependant une transformation économique spectaculaire, souvent appelée le « miracle du fleuve Han ». L’industrialisation, les exportations et d’importants investissements dans l’éducation et les infrastructures permettent au pays de devenir l’une des principales économies d’Asie.
9. Samsung et les chaebols : le visage de la Corée moderne
La transformation économique coréenne s’est notamment appuyée sur de grands groupes familiaux appelés chaebols. Fondé en 1938, Samsung est l’un des exemples les plus connus. À l’origine entreprise de négoce, le groupe s’est progressivement développé dans de nombreux secteurs avant de devenir un acteur mondial majeur de l’électronique et des semi-conducteurs.
10. Une Corée tournée vers le monde
Aujourd’hui, la Corée du Sud est devenue une puissance culturelle, technologique et économique majeure. La K-pop, le cinéma, les séries, la gastronomie et les nouvelles technologies ont contribué à faire connaître la culture coréenne dans le monde entier. Mais cette modernité coexiste avec une histoire très présente : la mémoire de la guerre, la division de la péninsule, le souvenir de la colonisation et la question d’une éventuelle réunification restent importants dans la société coréenne.
Comprendre un peu cette histoire permettra aussi de regarder la Corée autrement pendant les JMJ. Séoul n’est pas seulement une immense métropole moderne : c’est une ville située au cœur d’une péninsule marquée par la guerre, la division et une histoire chrétienne particulièrement forte. Pour les jeunes pèlerins, découvrir la Corée sera donc aussi l’occasion de rencontrer son peuple, sa culture et son histoire, mais également une Église qui s’est développée dans un contexte tout à fait particulier.